10.02.2010
Désoeuvrement
Le front à la lucarne
Il dénombre les arbres
Sombres de la forêt
Voisine mais se trompe
Sans cesse et recommence
Comme on égrène
Un chapelet
Des passants qui
Comme lui
Débordent de
Désoeuvrement
Le saluent souvent
D’un geste amical
Alors sans hésiter
Frémissant d’espérance
Et de curiosité
Il écarte les rideaux
Ouvre la fenêtre
Et troue le silence
Comment va le petit
Le maire est malade
A ce que l’on dit
Bien de gens sont partis
Aux Maldives ou ailleurs
C’est fou ce qu’il
Fait froid ce matin
Le temps se remplit
D’instants essentiels
Qui abrègent les heures
Mais ne signifient rien
Jacques Herman
2009
23:22 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09.02.2010
Cerf-volant
La mer est partie
Se cacher dans
Le monde lointain
De l’océan
Juste pour
Passer inaperçue
Ainsi à l’abri
Des regards indiscrets
Elle vit à l’écart
De la plage publique
Comme une masse d’eau
Que les vents
Et les courants
Constamment agitent
Selon des lois
Qui leur appartiennent
Et qu’ils conservent
Comme des secrets d’Etat
La mer s’est cachée dans la mer
Mais tu ne le sais pas
Me dit un enfant
Qui s’applique
A maintenir
Très haut dans le ciel
Un petit cerf-volant
Jacques Herman
2009
11:38 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.02.2010
Dans l'écorce fragile
Dans l'écorce fragile
Une lame a gravé
Des initiales
Et deux coeurs enlacés
Sur le trottoir
De l'avenue
L'ombre de l'arbre
S'est allongée
Au soleil couchant
Il paraît qu'à l'aube
Les traces de sang
Subiront le gommage
Délicat de la pluie
Qui dilue tout
Sur son passage
Jusqu'à l'effacement
Jacques Herman
2009
23:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
07.02.2010
Au bord du quai
Les rails font grise mine
Et les traverses pourries
S'ennuient
Sur le ballast incertain
Le soir tombe
Rosâtre
Filandreux
Puis vire au noir
Comme soudain poussé
Par l'énergie du désespoir
La nuit telle qu'en elle-même
Enfin se déclare
Deux mains froides
M'enserrent le cou
Jacques Herman
2009
11:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.02.2010
Votre misère
Une dizaine d’euros
Dans la poche trouée
Rafistolée
Pour éviter qu’ils roulent
Sur le pavé
De vieilles chaussures
Pleines d’ouvertures
Sur le monde
Une veste élimée
Graisseuse
Qui impose ses
Relents immondes
Dans les foules traversées
Un chapeau dont les bords
Semblent avoir
Eté huilés
Et des cordes nouées
En guise de ceinture
Qui vous marquent la taille
Comme un rictus
Et la pluie qui se met
A tomber
Et la course à l’abribus
Et les voitures
Tous phares allumés
Qui vous passent
Derrière et devant
Et votre misère
Que les parois de verre
N’arrivent pas même
A cacher
Jacques Herman
2009
10:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05.02.2010
Promesses de l'aube
La saison avance
Un souffle de vent léger
Balaie la digue de mer
Le soir
Descend en silence
Le ventre grand ouvert
Dans un repli du ciel
Une pointe de crayon
Tremblante
Incertaine
Esquisse
Les promesses de l’aube
Jacques Herman
2009
23:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



