09.02.2010
Cerf-volant
La mer est partie
Se cacher dans
Le monde lointain
De l’océan
Juste pour
Passer inaperçue
Ainsi à l’abri
Des regards indiscrets
Elle vit à l’écart
De la plage publique
Comme une masse d’eau
Que les vents
Et les courants
Constamment agitent
Selon des lois
Qui leur appartiennent
Et qu’ils conservent
Comme des secrets d’Etat
La mer s’est cachée dans la mer
Mais tu ne le sais pas
Me dit un enfant
Qui s’applique
A maintenir
Très haut dans le ciel
Un petit cerf-volant
Jacques Herman
2009
11:38 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.02.2010
Dans l'écorce fragile
Dans l'écorce fragile
Une lame a gravé
Des initiales
Et deux coeurs enlacés
Sur le trottoir
De l'avenue
L'ombre de l'arbre
S'est allongée
Au soleil couchant
Il paraît qu'à l'aube
Les traces de sang
Subiront le gommage
Délicat de la pluie
Qui dilue tout
Sur son passage
Jusqu'à l'effacement
Jacques Herman
2009
23:29 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
07.02.2010
Au bord du quai
Les rails font grise mine
Et les traverses pourries
S'ennuient
Sur le ballast incertain
Le soir tombe
Rosâtre
Filandreux
Puis vire au noir
Comme soudain poussé
Par l'énergie du désespoir
La nuit telle qu'en elle-même
Enfin se déclare
Deux mains froides
M'enserrent le cou
Jacques Herman
2009
11:33 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
06.02.2010
Votre misère
Une dizaine d’euros
Dans la poche trouée
Rafistolée
Pour éviter qu’ils roulent
Sur le pavé
De vieilles chaussures
Pleines d’ouvertures
Sur le monde
Une veste élimée
Graisseuse
Qui impose ses
Relents immondes
Dans les foules traversées
Un chapeau dont les bords
Semblent avoir
Eté huilés
Et des cordes nouées
En guise de ceinture
Qui vous marquent la taille
Comme un rictus
Et la pluie qui se met
A tomber
Et la course à l’abribus
Et les voitures
Tous phares allumés
Qui vous passent
Derrière et devant
Et votre misère
Que les parois de verre
N’arrivent pas même
A cacher
Jacques Herman
2009
10:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05.02.2010
Promesses de l'aube
La saison avance
Un souffle de vent léger
Balaie la digue de mer
Le soir
Descend en silence
Le ventre grand ouvert
Dans un repli du ciel
Une pointe de crayon
Tremblante
Incertaine
Esquisse
Les promesses de l’aube
Jacques Herman
2009
23:55 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04.02.2010
Vie des mots
Un mot vient de naître
Il est tombé de l’arbre
Sur le tendre gazon
Et roule en douceur
Puis s’arrête
Un paresseux s’en empare
Comme on vole l’heure
A la montre d’un passant
Un autre mot
Vient d’être arraché
D’une branche basse
Par un gamin volage
Pas même maraudeur
Patenté
C’est un mot plein d’acidité
Qui fait grincer les dents
Osons dire qu’il est temps
Que les poètes sages
Laissent les mots
A l’endroit même
Où Dieu les a mis
S’il veulent éviter
D’écrire du vent
Jacques Herman
2009
10:31 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
03.02.2010
Chantres de la liberté
Le coeur serré
Les bras alourdis
De chaînes
Les pieds entravés
En rangs par trois
Ils avancent au pas
Cadencé
On les aperçoit qui prennent
Le virage à l’ouest
De la grande jetée
Puis longent la mer
Ces être pitoyables
Sales
Loqueteux
Etaient naguère
Des chantres de
La liberté
Jacques Herman
2009
13:35 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
02.02.2010
Applaudissements
Le coeur sur la main
Tu n’en finis pas de jurer
Tandis que le sang
S’écoule entre tes doigts
Imbécile tu n’as pas
Songer à les fermer
De sorte qu’à tes pieds
Le pavé rougeoie
Une vierge débile
Vient à passer
Il faut en finir
Te dit-elle
C’en est assez
Et tu te mets
A l’applaudir
Jacques Herman
2009
13:32 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
01.02.2010
Maison de la liberté
Je frappe à la porte
De la Liberté
Mais je reste planté
Sur le paillasson
Pas un signe
Pas un bruit
Je me dis
Qu’il n’y a sans doute
Personne dans la maison
Je frappe encore
La porte se brise
La demeure est vide
Inhabitée
Comme un décor
Théâtral en carton
Jacques Herman
2009
13:26 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
31.01.2010
Ombre chinoise
Au secours
Dépêchez-vous
Hurle une ombre chinoise
Qui cherche à tout prix
A se faire libérer
Ses pieds en effet
Sont restés coincés
Dans les franges
D’un tapis
Un brave chamelier
Le coeur en peine
Débordant de pitié
S’approche d’elle
Et de la pointe
D’un couteau
Réussit
A la délivrer
Sans dire un seul mot
Détachée des choses
D’ici-bas
L’ombre doucement
S’en va
Jacques Herman
11:45 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



